Anne-Charlotte Leblondel, Office Manager chez CNP Assurances
21 janvier 2026
Passer de la communication à l’office management sans perdre le fil : c’est le chemin d’Anne-Charlotte Leblondel, Office Manager avec une vision 360 degrés des enjeux d’équipe et de process. Son expérience passée au sein de CNP Assurances lui a offert un terrain idéal pour articuler coordination, communication interne et bien-être collaborateur.
Dans cette interview, elle raconte comment ses expériences en événementiel et communication l’ont conduite vers un rôle plus transversal, pourquoi elle privilégie le présentiel, et comment de petites actions bien pensées peuvent transformer la dynamique d’un service.
Les 3 conseils de Anne-Charlotte
- Soignez l’accueil des nouveaux : un onboarding simple et humain pose les bases de la confiance et de l’engagement.
- Animez la cohésion au quotidien : des rituels et des micro-événements régulent le collectif, même en flex office.
- Structurez sans surcomplexifier : des process clairs et des outils légers suffisent pour gagner du temps et de la lisibilité.
La phrase à retenir de l’interview
« Le rôle de l’Office Manager, c’est aussi de créer du lien et de la cohésion d’équipe. »
Résumé de l’interview
Anne-Charlotte retrace un parcours marqué par l’événementiel et la communication, qui l’a naturellement conduite vers l’office management. Cette trajectoire lui a donné une vision 360 degrés des besoins d’une direction : coordination, communication interne, support RH et mise en place de process.
Elle insiste sur la valeur du présentiel dans un rôle de lien, et sur l’importance d’actions concrètes pour renforcer l’accueil et la cohésion. Cartes de bienvenue, petits rituels d’équipe et animations ponctuelles deviennent des leviers de bien-être au travail.
Enfin, elle partage une approche pragmatique des outils : utiliser ce qui fait gagner du temps, comme Copilot pour structurer les comptes rendus, sans chercher la surenchère technologique.
Transcript
Benjamin Albertelli : Peux-tu raconter ton parcours depuis les études jusqu’à ton rôle d’Office Manager ?
Anne-Charlotte Leblondel : Après une maîtrise en tourisme, j’ai orienté mes stages vers l’événementiel. J’ai commencé en agence à Paris, avec des missions très opérationnelles : organisation de congrès, gestion logistique, coordination des participants. Ce qui me plaisait, c’était déjà la polyvalence et la gestion de détails qui permettent à un événement de bien se dérouler.
Assez vite, mes missions ont intégré la communication. Je suis passée d’un rôle exclusivement événementiel à des postes plus globaux, avec de la communication interne et externe. C’est ce qui m’a attirée vers des postes de chargée de communication, parce que c’était plus large et plus riche en apprentissages. Mon expérience la plus longue a été dans une entreprise experte dans les nouvelles technologies de paiement à Paris, pendant environ sept ans, avec une palette de missions très variées.
Benjamin Albertelli : Tu as enchaîné plusieurs CDD et missions. C’était un choix ou une réalité du marché ?
Anne-Charlotte Leblondel : Ce n’était pas un choix volontaire. C’était la réalité du marché à ce moment-là. J’ai fait de l’intérim, des CDD, et j’ai travaillé pour de nombreuses entreprises. À chaque fois, j’ai saisi les occasions qui se présentaient. Certaines missions étaient plus intéressantes que d’autres, mais elles m’ont toutes apporté de l’expérience.
Avec le recul, cette diversité m’a permis d’être plus adaptable. Chaque mission m’a donné une compétence ou un réflexe. Et c’est justement parce que j’avais cette base que j’ai pu accéder ensuite à des postes plus transverses, comme dans la communication et, plus tard, dans l’office management.
Benjamin Albertelli : Tu as aussi passé une année en Espagne. Qu’est-ce que cette parenthèse t’a apporté ?
Anne-Charlotte Leblondel : Je suis partie en Espagne juste après mes études, avec l’envie de parler espagnol au quotidien. Je suis restée un peu plus d’un an à Madrid. J’ai fait des petits boulots : serveuse, porte-à-porte pour vendre des livres, et surtout agente de voyage après une petite formation sur place.
Cette expérience m’a appris l’autonomie et l’adaptation. J’étais seule, dans une autre langue, avec des missions très différentes. Aujourd’hui, mon espagnol n’est plus aussi fluide qu’à l’époque, mais dès que je retourne là-bas, les automatismes reviennent. Madrid reste une ville que j’adore, même si je ne me vois pas y vivre durablement.
Benjamin Albertelli : Tu as fini par revenir à Angers. Pourquoi ce retour ?
Anne-Charlotte Leblondel : Je suis d’origine angevine. Après plusieurs années en Île-de-France, avec le rythme des transports et la vie parisienne, j’ai eu envie de me rapprocher de ma famille et de mes amis. J’ai choisi de revenir en province, avec l’objectif d’y construire la suite de mon parcours.
C’est comme ça que je suis entrée à l’ESSCA en CDD, pour remplacer un congé maternité sur un poste de communication interne. Cette expérience m’a permis de me réancrer localement, tout en gardant un pied dans la communication et la coordination de projets.
Benjamin Albertelli : Comment s’est fait le passage de l’assistanat à l’office management chez CNP Assurances ?
Anne-Charlotte Leblondel : J’ai d’abord été recrutée comme assistante de direction, dans le service Amétis d’Angers, essentiellement composé de chargés de la relation client. C’était un rôle d’assistanat classique : gestion d’agendas, organisation de réunions, diffusion d’informations, soutien administratif. À ce moment-là, je ne me définissais pas encore comme Office Manager. Mais j’essayais d’apporter ma petite touche personnelle comme dynamiser leur équipe Teams, Viva Engage, lancer un calendrier de l’avent interactif à Noel…
Lors de mon deuxième CDD, le contexte était différent. Le service n’avait pas d’assistant auparavant, et les besoins dépassaient largement le cadre d’une assistance individuelle. Mes missions ont pris une dimension plus collective : coordination transversale, interface entre équipes, support RH, communication interne et j’avais été embauchée surtout au départ comme soutien opérationnel pour le passage en flex office. C’est là que le poste a été requalifié en office management, parce que la réalité du rôle était plus large que l’assistanat classique.
Benjamin Albertelli : Pour toi, quelle est la différence entre assistanat de direction et office management ?
Anne-Charlotte Leblondel : L’assistanat de direction est souvent rattaché à une personne, un manager. L’Office Manager est rattaché à un collectif. Il y a un rôle de liant, un rôle de cohésion et de service envers plusieurs collaborateurs. On ne travaille pas pour une seule personne, mais pour une direction, un service, parfois un site entier.
Dans mon expérience, cela signifie être à la fois support opérationnel, relais d’information et garant d’une bonne dynamique d’équipe. La dimension relationnelle est beaucoup plus forte. C’est ce qui m’a plu, parce que je me suis sentie utile au quotidien, au-delà d’un scope individuel.
Benjamin Albertelli : Qu’est-ce que tu aimes le plus, et le moins, dans ce rôle ?
Anne-Charlotte Leblondel : Ce que je préfère, c’est tout ce qui touche au support RH et à l’onboarding. Accueillir un nouveau collaborateur, l’aider à s’intégrer, rendre son arrivée fluide, c’est quelque chose qui me plaît énormément. J’aime aussi mettre en place des actions qui créent du lien et dynamisent l’équipe.
Ce que j’aime moins, c’est la partie très administrative : les demandes d’achat, le suivi des factures, les tâches répétitives. Je le fais, bien sûr, mais ce n’est pas la partie qui me stimule le plus. Ce qui m’intéresse, c’est l’humain et l’organisation au service du collectif.
Benjamin Albertelli : Tu as mis en place des actions concrètes pour la cohésion. Tu peux donner des exemples ?
Anne-Charlotte Leblondel : Oui, j’ai commencé par des choses simples. Pour l’onboarding, je préparais une petite carte de bienvenue avec un mot de chaque collègue, parfois un chocolat ou une petite attention sur le bureau. C’est un détail, mais ça change la perception de l’arrivée et ça donne un sentiment d’accueil immédiat.
Ensuite, j’ai créé des petites animations pour nourrir l’esprit d’équipe : une chasse aux œufs à Pâques, un tableau de compliments où chacun pouvait laisser un message, des pique-niques d’équipe où chacun apportait un plat. Ce sont des moments simples, mais ils renforcent la cohésion et aident à créer des liens, surtout quand les équipes ne sont plus assises au même endroit.
J’ai toujours bénéficié du soutien de mes managers, qui se montraient très réceptifs à mes idées.
Benjamin Albertelli : Justement, vous étiez en flex office. Comment ça a été vécu ?
Anne-Charlotte Leblondel : Le passage en flex office était un projet d’entreprise à grande échelle, pas une initiative locale. Tous les services du site d’Angers sont passés en open space et flex office. Cela a impliqué de gros travaux de reconfiguration des locaux.
Le changement a été difficile au départ. Beaucoup de collaborateurs avaient 15 ou 20 ans d’ancienneté, avec des habitudes bien ancrées. Perdre son bureau fixe, ses repères, ses objets personnels, c’est déstabilisant. Mon rôle a été d’accompagner cette transition, avec de la communication, de l’écoute et des actions pour recréer une dynamique. Au final, l’acceptation a progressé, surtout parce que les nouveaux espaces étaient plus modernes et fonctionnels.
Benjamin Albertelli : Tu dis que le présentiel est important pour toi. Pourquoi ?
Anne-Charlotte Leblondel : Parce que le relationnel change tout. Quand je suis sur site, les collaborateurs viennent plus facilement me voir. J’entends des conversations, je repère des besoins qui n’auraient pas été exprimés en distanciel. Cela permet d’anticiper et de résoudre plus vite les sujets.
Je comprends que certaines personnes aient besoin de télétravail pour avancer sur des tâches de fond. Moi, je m’organise autrement : si j’ai besoin de me concentrer, je m’isole sur site. Mais je tiens à rester proche de l’équipe, parce que c’est le cœur du rôle pour moi.
Benjamin Albertelli : Tu serais ouverte à des missions plus finance ou compta dans une petite structure ?
Anne-Charlotte Leblondel : Je suis ouverte à apprendre. J’ai déjà fait du suivi budgétaire et je faisais le lien avec le finance partner de mon service. Je n’ai pas de base solide en comptabilité pure, donc je ne me vois pas gérer des sujets très techniques sans formation.
En revanche, des tâches de préparation, de collecte d’informations, de suivi des engagements, ça ne me pose aucun problème. J’ai toujours eu une appétence pour les outils, et je m’adapte vite. Si une entreprise a un expert-comptable en appui, je peux parfaitement être le relais interne.
Benjamin Albertelli : Tu as envisagé le freelance à un moment ?
Anne-Charlotte Leblondel : Non, pas vraiment. Pour moi, l’office management est un rôle d’ancrage dans une équipe. J’ai besoin d’être sur site, de faire partie de la vie quotidienne, de construire des liens. Le présentiel est essentiel pour que le rôle ait du sens.
Travailler pour plusieurs entreprises en freelance, avec moins de contact régulier, ne correspond pas à ma vision du métier. Je préfère m’investir dans une structure, être la personne qui connaît les besoins, les habitudes et la culture interne.
Benjamin Albertelli : Côté outils, qu’est-ce qui t’a vraiment aidée au quotidien ?
Anne-Charlotte Leblondel : Un outil simple mais très efficace, c’est le sondage de disponibilités intégré à Outlook. Quand je dois réunir beaucoup de personnes, ça me donne les meilleurs créneaux possibles sans passer des heures à analyser tous les agendas.
Nous utilisions aussi Teams et des outils internes. Mais l’outil qui m’a fait gagner le plus de temps récemment, c’est Copilot. Je l’utilisais pour structurer des comptes rendus : je prenais mes notes brutes en réunion, je les passais dans Copilot, puis je retravaillais la structure. Ça m’aidait à clarifier, à mettre en page, et à aller plus vite.
Benjamin Albertelli : Et pour les emails ?
Anne-Charlotte Leblondel : Pareil, je m’en servais parfois pour reformuler. Quand je n’étais pas satisfaite d’une tournure, je demandais une version plus claire ou un peu plus punchy. Ça m’aidait à gagner en impact, tout en gardant la main sur le message final.
L’IA m’a surtout servi pour la reformulation et la structuration d’idées. Je ne l’utilisais pas pour des tâches techniques comme Excel. Mon usage restait ciblé, pour gagner du temps et de la lisibilité.
Benjamin Albertelli : Aujourd’hui, que recherches-tu pour la suite ?
Anne-Charlotte Leblondel : Je souhaite retrouver un poste d’Office Manager, idéalement au sein d’une direction, comme chez CNP Assurances, ou dans une structure plus petite qui a besoin d’une personne très polyvalente. Ce qui compte pour moi, c’est d’être au centre du collectif et de pouvoir jouer ce rôle de lien.
Le marché à Angers est plus restreint et le terme “Office Manager” est encore peu répandu. Il y a surtout des offres d’assistanat classique, donc je fais aussi des candidatures spontanées. Je reste motivée, parce que je sais ce que je peux apporter : organisation, cohésion et un vrai sens du service.
Benjamin Albertelli : Un dernier mot pour conclure ?
Anne-Charlotte Leblondel : J’espère que mon rôle a bien été compris, parce qu’il ne s’agit pas seulement d’assister, mais de faire en sorte que l’équipe fonctionne mieux ensemble. C’est ce que j’ai cherché à faire dans chaque mission, et c’est ce que je veux continuer à faire.